Lisez désormais tous les vendredis l'analyse de Yacine HASSAN sur un sujet de géopolitique.
Une guerre sans merci vient d'opposer les terroristes du JNIM et ceux de l'Etat Islamique ces derniers jours entre Mali, Niger Burkina. Qui a gagné cette guerre entre ces deux groupes djihadistes ? Quelles sont les statistiques en guise de bilan humain, bilan matériel et en matière de conquête de territoire lors de cette récente bataille entre les frères terroristes rivaux?
Les violents affrontements qui ont éclaté à partir du 9 octobre 2026 dans la zone des trois frontières, notamment dans la province de l'Oudalan (nord du Burkina Faso) et à la frontière avec le Niger, ont tourné à l'avantage de l'État Islamique au Sahel (EIS).
Le JNIM avec ses forces combattantes ( 7000 à 8000 membres), a décidé d'attaquer son adversaire. Malheureusement, le plan d'attaque contre l'Etat islamique a foiré.
Selon les analyses d'experts indépendants crédibles, l'EIS a repoussé une offensive d'envergure du JNIM (affilié à Al-Qaïda) dans cette province de l'Oudalan.
Outre ces experts, les données et statistiques disponibles sur cette bataille, sont issues en partie des canaux de propagande des deux groupes frères mais adversaires acharnés.
LOURD BILAN HUMAIN...
Parlant des pertes du JNIM, l'EIS affirme avoir tué environ 400 combattants du JNIM, dont plusieurs chefs tactiques.
Poursuivis sur près de 80 kilomètres, des dizaines de fuyards auraient également été faits prisonniers puis exécutés sur place.
S'agissant des pertes de l'EIS, le JNIM n'a pas publié de bilan officiel, mais les sources locales de sécurité indiquent que les combats ont été d'une violence inédite et que l'EIS a également enregistré de lourdes pertes ainsi que la mort de certains de ses commandants.
Cette bataille d'une extrême violence a fait déplacer les civils. En effet, des centaines de personnes ont été déplacées par les combats, les populations locales restant les premières victimes de cette guerre fratricide.
...BILAN MATÉRIEL
L'agence de propagande de l'État islamique (Al-Naba) a diffusé les images d'un butin massif saisi aux dépens du JNIM.
300 motos ont été détruites ou incendiées et 104 motos saisies (les motos étant le principal moyen de mobilité des djihadistes dans le Sahel).
En ce qui concerne l'Armement léger et lourd, l'EIS a saisi 415 fusils d'assaut, 44 mitrailleuses moyennes, huit mitrailleuses lourdes, 13 lance-roquettes (RPG), ainsi qu'un véhicule tout-terrain.
En matière de logistique, des dizaines d'appareils radio et d'importantes quantités de munitions ont été récupérés par l'EIS.
CONQUÊTE TERRITORIALE
L'EIS a repoussé cette offensive du JNIM. L'EIS consolide sa forte emprise sur la zone pastorale de la frontière Mali-Niger-Burkina Faso.
Le groupe progresse et accentue sa pression sur les environs d'Arbinda, une zone traditionnellement considérée comme un bastion historique du JNIM.
En parallèle, l'EIS utilise son sanctuaire pour étendre son influence logistique vers les régions nigériennes de Tahoua,Tillabéri et Dosso.
Cette expansion vers le Niger facilite le transfert de compétences et de combattants.
JNIM, PAS FINI
Malgré ce revers matériel et humain majeur pour le JNIM, de nombreux experts indépendants estiment que ce dernier reste globalement l'organisation la plus implantée territorialement au Sahel grâce à un effectif supérieur, estimé entre 7 000 et 8 000 combattants contre environ 2 000 pour l'EIS.
Les spécialistes prédisent le déploiement de renforts par le JNIM en vue d'une violente contre-offensive. Il ne peut en être autrement.
Le JNIM privilégie l'ancrage local en nouant des alliances avec certaines communautés malgré les pertes revendiquées par l'État islamique,
L'Afrique en marche du 20 octobre 2026 No 1275



