Des affrontements d'une violence inédite ont opposé récemment les factions rivales djihadistes au Sahel. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Sahel (EIS). La trêve est-elle le calme avant la tempête entre ces deux groupes frères mais ennemis ?

Le JNIM affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Sahel (EIS) se sont livrés une guerre ouverte particulièrement meurtrière dans la zone des trois frontières, entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Si certains observateurs avisés 

APRÈS LA BATAILLE À OUDALAN, CONTRE-OFFENSIVES EN PERSPECTIVE 

L'EIS, via son organe de propagande "Amaq" et son journal "Al-Naba", affirme avoir tué plus de 400 combattants du JNIM, dont plusieurs chefs, lors de combats dans le village de Ganadaouri.

Après les affrontements majeurs qui ont éclaté le 9 octobre 2026 dans la province d'Oudalan (nord du Burkina Faso), près de la frontière avec le Niger et le Mali avec ont "consacré"une défaite du JNIM.

Ce dernier ne l'entend pas de cette oreille. D'où les mouvements massifs de renforts de la part du JNIM ont été signalés pour préparer des contre-offensives.

CONSÉQUENCE :  ÉLARGISSEMENT DE LA ZONE DE RIVALITÉ 

Historiquement cantonnée au Mali et au nord du Burkina Faso, cette guerre intestine s'est étendue ces derniers mois à l'ouest du Niger, notamment dans la région de Tillabéri et de Dosso. 

L'EIS cherche à sécuriser des couloirs vers le nord-ouest du Nigeria pour faciliter ses transferts de compétences et de combattants avec l'ISWAP (bassin du lac Tchad). 

Ces combats intenses  pour plusieurs motifs stratégiques ont brisé la trêve fragile entre ces groupes rivaux désormais acharnés à aller jusqu'au bout pour des objectifs clairs. 

D'où l'imminence de la contre-offensive ou du renforcement des acquis de la victoire militaire pour  le contrôle territorial. 

D'ABORD, il faut assurer le contrôle de la zone des trois frontières cruciale pour le contrôle des routes de contrebande et du racket des mines d'or artisanales clandestines.

ENSUITE, la contre-offensive de la part du JNIM vise à mettre un terme aux  défections au profit de l'EIS qui a récemment recruté des centaines de combattants dans le nord Tillabéri, ce qui a exacerbé les tensions idéologiques.

ENFIN, le rapport de force est à souligner. En effet, le JNIM reste globalement supérieur en nombre (estimé entre 7 000 et 8 000 combattants contre 2 000 pour l'EIS).

Cependant, l'EIS compense par des combattants plus aguerris et l'usage tactique de drones.

QUAND LES ÉLÉPHANTS SE BATTENT 

Avec ce duel, ce sont, comme toujours, les populations civiles locales qui subissent le plus lourd tribut de cette violence généralisée.

L'Afrique en marche du 20 octobre 2026 No 1275