Ils ont brillé sur les pelouses, soulevé des trophées et fait vibrer des millions de supporters. Pourtant, une fois les crampons raccrochés, nombre de footballeurs africains connaissent une descente aux enfers. Mauvaise gestion financière, absence de reconversion, solitude ou problèmes de santé : le revers de la gloire est parfois brutal. Nous profitons du cas Razack Omotoyossi (paix à son âme) pour aborder un sujet délicat dans de nombreux pays africains.


NIGERIA ET CÔTE D'IVOIRE  : DU FASTE À LA RUINE...

Au Nigeria, il faut souligner le destin brisé de quelques stars des "Super Eagles".

Si Nwankwo Kanu a réussi à transformer sa notoriété en engagements caritatifs, d’autres "Super Eagles" ont eu une après-carrière dramatique. 

On cite souvent le cas de Celestine Babayaro, ancien joueur de Chelsea, qui a connu des difficultés financières après sa retraite. Plusieurs autres, restés au pays, vivent dans des conditions précaires malgré leurs années de gloire.

La Côte d’Ivoire a vu émerger des stars comme Didier Drogba et Yaya Touré, qui ont réussi leur reconversion. 

Mais d’autres, issus de la génération dorée des années 90, ont connu une fin amère. Certains ont dilapidé leurs gains dans des investissements hasardeux, finissant dans l’ombre de leurs glorieux cadets.


...CAMEROUN ET RDC : ENTRE GLOIRE ET OUBLI

Le Cameroun a produit des légendes comme Roger Milla ou Samuel Eto’o, bien installés après leur carrière. Mais d’autres n’ont pas eu la même chance. 

En effet, d'anciens "Lions indomptables", tels que Marc-Vivien Foé (décédé brutalement en 2003, mais dont la famille a longtemps souffert de difficultés financières) ou certains joueurs moins connus des années 90, se sont retrouvés sans soutien ni visibilité.


En RDC, des héros du football sont abandonnés...

En effet, plusieurs ex-internationaux ont sombré dans l’oubli. Des joueurs qui ont marqué le TP Mazembe ou Vita Club dans les années 80 et 90 vivent aujourd’hui dans la précarité, faute d’accompagnement des structures sportives et étatiques.


...MAROC, EGYPTE, ALGÉRIE : RECONVERSION DIFFICILE 

Au Maroc, les parcours sont contrastés. Si des figures comme Mustapha Hadji ont su rester dans le monde du football, d’autres anciens des "Lions de l’Atlas", surtout ceux évoluant en championnat local dans les années 80-90, vivent aujourd’hui dans la difficulté, sans couverture sociale adéquate.

En Égypte, certains anciens "Pharaons", stars dans les années 80-90, ont sombré dans la pauvreté après leur carrière, malgré l’immense popularité du football. Dire que certains sont passés de la gloire nationale, à  la solitude privée n'est pas exagéré.

S'agissant de l'Algérie, plusieurs figures locales, adulées dans les stades, n’ont pas pu trouver de relais professionnel après la retraite sportive.  Dès lors, des stars d'hier ont basculé dans l’anonymat et parfois la misère.


LE MALI AUSSI...

On ne peut oublier le Mali mon pays. Ici aussi,  l'histoire retient que des d'ex footballeurs ont connu une dure réalité. 

En effet, le talent et la gloire d’hier n'ont pas toujours garanti la stabilité de demain. Beaucoup de stars des années 70, 80 et 90, ont été des oubliés.

Au-delà de ce tour d'Afrique, le problème renvoie à un constat général. C'est l’absence de structures solides pour préparer les joueurs à leur après-carrière. 

En Europe, beaucoup bénéficient de formations et de dispositifs d’accompagnement.

En Afrique, le suivi est encore insuffisant. Ce qui laisse de nombreux anciens champions vulnérables.

Le continent africain a encore du chemin à faire pour que ses héros sportifs ne soient des oubliés.

Le grand défi du football africain, c'est d'apprendre aux vedettes de nos jours de savoir préparer l’après- carrière.


Amadé BAMBA correspondance particulière depuis Bamako 


lafriqueenmarche du 24 août 2025 No 983